16 juillet 2007

« La guinguette à deux sous ».

Georges Simenon.

C’est un petit roman (180 pages à peine, « écrites en gros »). Je l’ai retrouvé dans le grenier : pages jaunies, odeur un peu âcre des bouquins vieillis et poussiéreux.

… Avec Simenon, j’ai la sensation de partir à la découverte du monde de mes grands parents : un monde où on buvait sans craindre de passer pour un éthylique chronique, un monde où on fumait par plaisir, sans penser au cancer… Le monde des guinguettes, des locomotives à vapeur, des usines textiles regorgeant d’ouvriers affairés.

C’est ça : je retrouve mes grands parents, au coin des pages. Et rien que pour cela, j’aime ces romans sans génie, peut être, mais qui font revenir ceux je croyais disparus à jamais.

Alors on n’ accorde pas trop d’importance à l’intrigue : deux morts à six ans d’intervalle, deux meurtres perpétrés par des gens comme vous et moi, même plutôt gentils… Des concours de circonstances, comme on voit tant.
Alors on retient l’ambiance : le Paris petit bourgeois des années 50, les ginguettes des bords de Seine où s’ébauchent des flirts sans lendemain, mais aussi des passions diaboliques.

… Et l’odeur âcre des bouquins qui ont vieilli au grenier, dans des caisses mal fermées.