16 juillet 2007
« La guinguette à deux sous ».
Georges Simenon.
C’est un petit roman (180 pages à peine, « écrites en gros »). Je l’ai retrouvé dans le grenier : pages jaunies, odeur un peu âcre des bouquins vieillis et poussiéreux.
… Avec Simenon, j’ai la sensation de partir à la découverte du monde de mes grands parents : un monde où on buvait sans craindre de passer pour un éthylique chronique, un monde où on fumait par plaisir, sans penser au cancer… Le monde des guinguettes, des locomotives à vapeur, des usines textiles regorgeant d’ouvriers affairés.
C’est ça : je retrouve mes grands parents, au coin des pages. Et rien que pour cela, j’aime ces romans sans génie, peut être, mais qui font revenir ceux je croyais disparus à jamais.
Alors on n’ accorde pas trop d’importance à l’intrigue : deux morts à six ans d’intervalle, deux meurtres perpétrés par des gens comme vous et moi, même plutôt gentils… Des concours de circonstances, comme on voit tant.
Alors on retient l’ambiance : le Paris petit bourgeois des années 50, les ginguettes des bords de Seine où s’ébauchent des flirts sans lendemain, mais aussi des passions diaboliques.
… Et l’odeur âcre des bouquins qui ont vieilli au grenier, dans des caisses mal fermées.
18:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : livre, polars
02 octobre 2006
Cuisiner, c'est voyager?
Je ne suis donc pas le seul, of course!
Ma dernière acquisition: Denise Laroutis"De mère en fille, la cuisine espagnole"éditeur : Albin Michel, . L'auteure (entendue à la radio chez JP Coffe) n'est pas « seulement » une cuisinière: elle est aussi la traductrice des romans de Montalban, fin limier catalan, qui a l'habitude de mêler des considérations diététiques à l'intrigue policière. Son bouquin est une merveille de goût et de simplicité.
Hier, j'ai mis en oeuvre sa recette des « tomates frites ». Rien de plus simple, en effet: on pêle des tomates, que l'on fait revenir, ensuite, dans l'huile d'olive, pendant une bonne demie heure tout en salant et poivrant au fur et à mesure de la surveillance... Le résultat : un miracle ou presque (des tomates bien quelconques, pourtant, quasi réanimées...); le tout peut être servi en entrée (en lieu et place d'une salade de tomates -bien terne, de nos jours!-) ou en accompagnement (poisson, pâtes, etc).
Plein d'autres recettes dans cet ouvrage bien sympa: en le lisant, j'ai vraiment la sensation de voyager. Blaise Cendrars disait que "voyager c'était sentir".
Cuisiner, c'est aussi voyager, me semble-t-il!
13:05 Publié dans gastronomie | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, amour, gastronomie, livre, cuisine
29 juin 2006
Fred Vargas
J’ai achevé la lecture du dernier roman de Fred Vargas « Dans les bois éternels »…
Passionnant de bout en bout… Toujours cette écriture alerte, ces personnages borderline, ces fausses pistes qu’on suit allégrement.
Cette fois c’est celle d’un (d’une) tueur en série qu’il faut suivre : un fou (ou plus sûrement une folle) bien décidé à mettre en pratique une formule magique, trouvée dans un grimoire ancien et destinée à vivre éternellement, fusse en tuant au passages jeunes vierges, cerfs vigoureux ou chats domestiques.
Il y a en chacun d’entre nous une telle part de folie que tout le monde (après tout !) peut être suspecté : mais ici plus particulièrement une vieille infirmière -emprisonnée pour des meurtres multiples et qui vient de se faire la malle- et même un jeune inspecteur assoiffé de vengeance.
Celui-ci (Veyrenc) a pris l’habitude de versifier en discourant, mais c’est sa chevelure bicolore, conséquence d’une agression à l’adolescence qui le singularise plus encore…. Il va séduire l’ancienne maîtresse de son chef (le commissaire Adamsberg), et, même, l’inspecteur Retancourt, une jeune femme « massive comme une colonne de temple » qui avait su « cadenasser son espace sentimental pour éviter toute désillusion » et que le commissaire admire particulièrement.
Autrement dit, son comportement et ces succès ont de quoi énerver le big boss et lui faire perdre tout à la fois la tête et le fil du raisonnement.
… Pas toujours facile à suivre, d’ailleurs…
On va de la Porte de la Chapelle aux villages éloignés de la Normandie profonde, et finalement on est plongé dans les arcanes obscures du cerveau humain.
Fred Vargas n’est pas psychiatre mais archéologue et c’est mieux : on comprend qu’elle sait fouiller, choisir déduire, sans les idées préconçus du psy orthodoxe ou du thérapeute fou.
C’est passionnant.
Le terme nous conduira à la coupable : une femme comme on le pensait dès le départ, mais pas celle qu’on suspectait, bien sûr !
23:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, livre

