06 juin 2007

La mort n'oublie personne

L’Histoire de la Résistance Française, pendant la seconde guerre mondiale, me passionne… Les polars me passionnent également.

Par le plus grand des hasards je suis « tombé », à la Fnac de Valenciennes, ce dernier samedi, sur un roman noir qui déroule son histoire pendant la résistance.
Et, de plus, dans « mon coin » (le Nord de la France, plus précisément : le pays Minier et le Marais de Saint Omer) !
C’est dire que j’ai lu « La Mort n’oublie personne » de Didier Daeninckx, sans coup férir !

1944… Un jeune gars (17 ans) s’engage dans la Résistance ; pas à l’insu de son plein gré, mais sans mesurer vraiment l’importance d’un tel engagement. Trois interventions au total… Elle vont lui valoir la déportation (classique) mais aussi après la Libération, une peine de prison pour assassinat. Cette accusation va lui coller à la peau et aura d’autres conséquences dramatiques.

Lecture haletante…

Les faits s’enchaînent inexorablement. La résistance a propulsé certains au faîte de la gloire, mais en a précipité d’autres au plus bas : ceux qui étaient là au mauvais endroit et au mauvais moment. C’était leur seule faute.

La vie c’est comme ça et ce roman le rappelle de manière stupéfiante !

22 mai 2007

La Route de Midland

J’aime les polars.
Comprenne qui pourra : ça me détend… Je ne dois pas être le seul !
Mais, ce W-E, j’ai abandonné les polars pour lire un drôle de roman, court et sobrement écrit : là dessus, rien à dire.
Ce roman, c’est « La Route de Midland », d’Arnaud Cathrine… J’en avais entendu parler sur France Inter, il y a peu...

Will trimbale, dans son van, le cercueil de son frère Ray…
C’est peu dire que celui-ci l’a brisé: il l’a violé un soir de beuverie… Ni plus ni moins…
Ray a ensuite disparu, a vécu avec Amy -qui tient un motel perdu dans le désert texan, où se déroule le plus gros du roman-Mais il l’a abandonnée sans laisser d’adresse. Parce que ce n’était pas possible de continuer comme cela, Ray a fini par se suicider :une balle en pleine tête.

Et voilà comment Will se retrouve dans le désert texan, encombré du cadavre de son pire ennemi, pour rendre visite à cette femme qui vit toujours dans l’attente de ce compagnon volatilisé il y a plus de dix ans .

Une drôle d’idée, quand même.

Un même homme a saccagé deux vies, et ceux là, qui furent ses victimes, vont se retrouver… Comment cela va finir, je ne le dirai pas exactement. Mais plutôt bien et heureusement, car ce serait une horreur.

En fait, c’est une horreur.
Je préfère mes polars, pourtant habités par des personnages fort inquiétants… Moins dérangeants, malgré tout.

Comprenne qui pourra ! ! !

25 avril 2007

Polar engagé...

J’ai lu « Le Tour de la bouée » d’ Andrea Camillieri-disponible en livre de poche.

C’est un polar très bien ficelé, qui met en scène le commissaire Montalbano (très célèbre, me dit-on en Italie)… Polar si bien ficelé, d’ailleurs, que je l’ai lu d’une traite, ou peu s’en faut…
Je ne vais pas raconter l’histoire, of course… Mais il faut savoir qu’elle se déroule, en Sicile, sur fond d’immigration clandestine et de trafic d’enfants « du Sud ».


Il a donc fallu un polar pour que je m’intéresse vraiment à ces deux problèmes… Bizarre, cette vertu du roman : on s’attache à des personnages fictifs, et, finalement, on approche au plus près de la réalité.

On pourrait inciter Mr Sarkozy à lire ce bouquin : peut-être abordera-t-il le problème de l’immigration d’un autre œil, et se rendra-t-il compte que les immigrés ne viennent pas forcément manger le pain des Français. Pour une large partie d’entre eux, ce sont des damnés miraculeusement rescapés…

Respect donc

12 mars 2007

Zorro

Lire… J’ai un besoin irrépressible de lire… C’est comme ça !
Lire le journal, un hebdo, une revue médicale, un catalogue, un prospectus, plus récemment un écran d’ordinateur, etc. En résumé, lire tout ce qui passe sous les yeux. Jusqu’il y a peu, je lisais tout… Tout sauf des romans : l’impression de perdre mon temps en vaines et longues lectures, tout simplement !

Et puis, il y a quelques mois, à l’occasion de difficultés personnelles, éprouvant le besoin de m’évader j’ai redécouvert la fiction. J’ai commencé par « Pars vite et reviens tard », de Fred Vargas et je me suis passionné. Alors, je me suis lancé dans la découverte du Monde des Polars ou des romans noirs : Elroy, Simenon, Coben, Connely, etc., etc.
A chaque fois, je me suis passionné.
Mais, à la longue, on finit par se lasser de mondes glauques qui incitent si peu à l’optimisme. Alors, j’ai décidé d'abandonner, au moins provisoirement, le roman noir, pour rejoindre par la lecture des héros plus positifs .
Ce samedi, me promenant à Amiens, et, car c’est mon habitude, faisant une halte à la librairie Martel, je suis tombé sur un roman qui me semblait correspondre exactement aux objectifs : Zorro, par Isabel Allende.

J’ai « mis en route ».
Ecriture alerte… Plongée dans la Californie du 19éme siècle et les légendes indiennes ; tout ça me paraît de bon augure…
Vivement ce soir : après une journée de travail qui s’annonce fort chargée, je rejoindrai Alexandro de La Vega, et sa belle épouse métisse, élevée sept ans par les loups. Celle-ci, avait mené, à la tête des indiens, une révolte sanglante avant de s’assagir en épousant son bel hidalgo.
A mon avis, elle ne va plus rester tranquille longtemps...

09 février 2007

Arthur et George

Beaucoup de boulot, ces derniers jours (épidémie de syndromes grippaux dans le Nord)...
Cela m'a éloigné...

J'ai, cependant, pu lire, cette semaine "Arthur et George" roman de Julian Barnes, qui relate l’histoire vraie de George Eljali, sujet de sa majesté britannique : celui-ci avait été condamné, contre toute logique, au début du 20éme siècle, à sept ans de travaux forcés pour une série de crimes, qu'il n'avait pas commis-of course-.
Erreur judiciaire…
Délit de « sale gueule » en l'occurrence: George est métis, a des yeux globuleux. Drôle de crime, drôle de tête : cela avait suffi pour le rendre suspect, puis coupable, au terme d’un processus infernal.

Mais Conan Doyle est appelé à la rescousse : le père de Sherlock Holmes -qui est, en quelque sorte, devenu son fils pour l’occasion- se met au service de George et va démontrer son innocence.

C’est passionnant: la mécanique implacable qui conduit à la condamnation est disséquée d'une manière si précise qu'on on éprouve même un véritable malaise (c’est quasi viscéral, en l’occurrence !).

A lire –même si on n’est pas maso, car il y a plein d’autres choses dans ce bouquin-.

22 janvier 2007

Hommes entre eux

J’ai donc lu « Hommes entre eux » de Jean Paul Dubois : j’y ai fait allusion dans la dernière note. -A peine sorti, ce roman est un des premiers du palmarès des ventes de la Fnac ! (Je sais, ça ne prouve rien!!!)

Paul Hasselbank, atteint d’une maladie orpheline incurable – et qu’on devine dans « la dernière ligne droite »-, n’a plus qu’une idée en tête : retrouver sa femme qui l’a quitté, il y a trois ans, sans crier gare (ou presque) et sans laisser d’adresse. Sa quête va le conduire au Canada : il y rencontre les deux hommes avec lesquels elle a vécu quelques mois : Edouard Tyssen -« riche, intelligent, cultivé suffisant et capable, à tout moment, d’utiliser l’arme paralysante du mépris »- et Floyd Paterson. Ce dernier est un colosse, « un homme entier », vivant en solitaire dans le grand Nord Canadien ; il va héberger et protéger Hasselbank pendant les quelques jours d’un formidable blizzard …

La fin du roman est surprenante voire incompréhensible. Elle m’a déçu : je n’ai, sans doute, pas compris ce qu’il y avait à comprendre et il faudra, peut-être, s’y employer, et pour cela, voir et… comprendre le film « Aguirre et la colère de Dieu », auquel il est souvent fait allusion.

J’ai aimé, malgré cette fin peu vraisemblable (pour le moment !) : le roman se lit facilement, et rapidement… Je me suis senti concerné, entre autre, par un de ces thèmes : « on ne connaît jamais la personne avec laquelle on vit »… Quand je m’en rendis compte, il y a des années, ce fut pour moi une révélation bouleversante.

Maintenant je m’y suis habitué, comme on s’habitue à un principe scientifique incontournable…

19 janvier 2007

Bravitude, complétude

On a moqué Ségolène pour avoir utilisé le mot « bravitude » sur la Grande Muraille de Chine.

Repéré dans le dernier roman de JP Dubois (« Hommes entre eux »), le mot complétude, qui m’y a fait irrésistiblement penser !

Extrait:
« Elle ne déniait aucune (de ces) qualités à Floyd Paterson, mais seul son sexe l’intéressait chez lui. Sa taille, sa forme, sa réactivité, sa puissance aussi. Rien ne l'excitait davantage que de le sentir entrer en elle et occuper toute la place. Il lui semblait qu'on venait de lui rajouter l'organe qui lui manquait, que la faille était enfin comblée, et qu'elle pouvait fonctionner à plein rendement. C'était exactement ce qu'elle éprouvait, une sensation de complétude apportée par cette chose raide, chaude, et si pleine qu’on l’aurait dite moulée pour elle et elle seule ».

On comprend bien ce que l’auteur veut dire… En réalité si ce mot existe bien, il n’a pas du tout le sens que l’on devine, mais celui d’une « théorie déductive consistante »… Si, si, j’ai vérifié ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Tout ça pour dire que j’ai bien aimé le dernier roman de Jean Paul Dubois- même s’il est, nous dit-on, un peu bâclé, et fait avec de grosses ficelles- : l’histoire d’un homme en proie à une grave maladie orpheline et parti, au Canada, à la recherche de son épouse, partie, elle, sans crier gare et sans laisser d’adresse…

Tout ça pour ça!!!!

23 décembre 2006

Trahir est pire qu'être trahi.

Beaucoup de travail depuis une dizaine de jours... D'où mon absence...
J'ai pu, malgré tout, lire « Chemin sans issue », roman de Georges Simenon, acheté par hasard, et lu dans la foulée.

Il aborde le thème de la trahison.

Si Vladimir trahit son ami Blinis, c'est parce qu’il ne supporte pas de le voir filer le bel amour avec Hélène, la fille de sa richissime et horrible patronne .
Ce qu’il ne supporte pas – lui qui est devenu intérieurement si laid (« un homme à qui on peut tout dire parce qu’il est sans importance »)- c’est la beauté de cette relation, et, en amont de celle-ci, la beauté intérieure de son ami : « Tu continuais à vivre au milieu de toute cette saleté, sans te salir ». Alors il imagine un stratagème tout simple : faire accuser son ami du vol d’un brillant...
Son ami est pris, renvoyé... Il va fuir.

Vladimir se dénonce mais mollement, et trop tard. Ce sera le début d’une descente aux enfers. On y est : trahison, culpabilité, et la seule issue envisageable : la tentative de réparation puis d’expiation. Pour cela, il va tuer sa patronne, cause de sa laideur, puis tout mettre en œuvre pour retrouver son ami. Il va le dénicher dans un asile de nuit des bas-fonds de Varsovie.

« C’est fini, on peut vivre tous les deux comme avant ! ». C’est ce qu’il envisage avant de se raviser : car le chemin de la réparation et de l’expiation mène ailleurs. Alors il lui raconte : « j’ai volé le brillant, je t’ai fait accuser... Hélène est enceinte de toi... J’ai beaucoup d’argent : il t’appartient... Va... »

Vladimir avait (peut-être) réparé son crime... Mais ce n’était pas suffisant : il lui restait à l’expier et pour cela, il devait vivre ce que son ami avait vécu et finir à l’asile avec les gueux... ce qu’il entreprend.

J'ai tout dit, tout dévoilé? Non, car l'expiation n'est pas "totale". Alors Vladimir ira jusqu'au bout du bout...

16 décembre 2006

Drôles de bestioles?

J'avais consacré, il y a quelques semaines, une note à un patient qui s'était mis à fumer, à trente ans, pour se « mettre en danger »(c'était son expression!).

En écho, une phrase glânée dans « L'eau à la bouche », très beau roman de JM Fajardo-écrivain espagnol-, paru cet automne:
« Nous (les hommes) sommes de drôles de bestioles; les oiseaux volent, les poissons nagent; les hommes, eux, se précipitent dans les abîmes.... ».
Ils se précipitent, ou, on les précipite?

09 décembre 2006

Etre utile?

Dans le « Nouvel Obs », cette semaine, un interview de Ian Mac Ewan à propos de «  Samedi », son dernier roman (voir une des notes précédentes).

Curieusement, l’écrivain n’y évoque pas le destin de ce médecin confronté au doute existentiel, mais plutôt la Guerre en Irak, qui est, bel et bien, un des thèmes du roman –l’intrigue se déroule le jour d’une grande manifestation, à Londres, contre la guerre en Irak- .

Il y a plusieurs lectures d’un même roman. « Samedi », c’est aussi une réflexion sur cette guerre, c’est vrai ; mais elle ne m’a pas intéressé.
C’est qu’en réalité je ne me fiche (il faudrait trouver un autre mot, ce serait plus correct) de la Guerre d’Irak...
Je ne m’intéresse pas à ce qui m’échappe complètement. Comment choisir entre le méchant Bush ou le méchant Saddam? Et que faire quand on ne peut manifestement rien faire ?
Alors j’avoue : seuls me préoccupent les tracas de mes proches ou de mes patients, sans doute bien dérisoires à l’échelle de la planète.

Même s’ils sont dérisoires, au moins je peux me rendre utile. Pour ce qui est de la guerre en Irak, je baisse les bras.

Une histoire: dans un cocktail, la réunion s’anime... Un des invités : « A la maison, je m’occupe des grands problèmes du monde (la guerre au Proche Orient, le réchauffement de la planète, les élections au Venezuela...). Je laisse à mon épouse les choses de moindre importance : l’intendance, l’éducation des enfants.... ».

Toutes les notes