16 juillet 2007
« La guinguette à deux sous ».
Georges Simenon.
C’est un petit roman (180 pages à peine, « écrites en gros »). Je l’ai retrouvé dans le grenier : pages jaunies, odeur un peu âcre des bouquins vieillis et poussiéreux.
… Avec Simenon, j’ai la sensation de partir à la découverte du monde de mes grands parents : un monde où on buvait sans craindre de passer pour un éthylique chronique, un monde où on fumait par plaisir, sans penser au cancer… Le monde des guinguettes, des locomotives à vapeur, des usines textiles regorgeant d’ouvriers affairés.
C’est ça : je retrouve mes grands parents, au coin des pages. Et rien que pour cela, j’aime ces romans sans génie, peut être, mais qui font revenir ceux je croyais disparus à jamais.
Alors on n’ accorde pas trop d’importance à l’intrigue : deux morts à six ans d’intervalle, deux meurtres perpétrés par des gens comme vous et moi, même plutôt gentils… Des concours de circonstances, comme on voit tant.
Alors on retient l’ambiance : le Paris petit bourgeois des années 50, les ginguettes des bords de Seine où s’ébauchent des flirts sans lendemain, mais aussi des passions diaboliques.
… Et l’odeur âcre des bouquins qui ont vieilli au grenier, dans des caisses mal fermées.
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06 juin 2007
La mort n'oublie personne
L’Histoire de la Résistance Française, pendant la seconde guerre mondiale, me passionne… Les polars me passionnent également.
Par le plus grand des hasards je suis « tombé », à la Fnac de Valenciennes, ce dernier samedi, sur un roman noir qui déroule son histoire pendant la résistance.
Et, de plus, dans « mon coin » (le Nord de la France, plus précisément : le pays Minier et le Marais de Saint Omer) !
C’est dire que j’ai lu « La Mort n’oublie personne » de Didier Daeninckx, sans coup férir !
1944… Un jeune gars (17 ans) s’engage dans la Résistance ; pas à l’insu de son plein gré, mais sans mesurer vraiment l’importance d’un tel engagement. Trois interventions au total… Elle vont lui valoir la déportation (classique) mais aussi après la Libération, une peine de prison pour assassinat. Cette accusation va lui coller à la peau et aura d’autres conséquences dramatiques.
Lecture haletante…
Les faits s’enchaînent inexorablement. La résistance a propulsé certains au faîte de la gloire, mais en a précipité d’autres au plus bas : ceux qui étaient là au mauvais endroit et au mauvais moment. C’était leur seule faute.
La vie c’est comme ça et ce roman le rappelle de manière stupéfiante !
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22 mai 2007
La Route de Midland
J’aime les polars.
Comprenne qui pourra : ça me détend… Je ne dois pas être le seul !
Mais, ce W-E, j’ai abandonné les polars pour lire un drôle de roman, court et sobrement écrit : là dessus, rien à dire.
Ce roman, c’est « La Route de Midland », d’Arnaud Cathrine… J’en avais entendu parler sur France Inter, il y a peu...
Will trimbale, dans son van, le cercueil de son frère Ray…
C’est peu dire que celui-ci l’a brisé: il l’a violé un soir de beuverie… Ni plus ni moins…
Ray a ensuite disparu, a vécu avec Amy -qui tient un motel perdu dans le désert texan, où se déroule le plus gros du roman-Mais il l’a abandonnée sans laisser d’adresse. Parce que ce n’était pas possible de continuer comme cela, Ray a fini par se suicider :une balle en pleine tête.
Et voilà comment Will se retrouve dans le désert texan, encombré du cadavre de son pire ennemi, pour rendre visite à cette femme qui vit toujours dans l’attente de ce compagnon volatilisé il y a plus de dix ans .
Une drôle d’idée, quand même.
Un même homme a saccagé deux vies, et ceux là, qui furent ses victimes, vont se retrouver… Comment cela va finir, je ne le dirai pas exactement. Mais plutôt bien et heureusement, car ce serait une horreur.
En fait, c’est une horreur.
Je préfère mes polars, pourtant habités par des personnages fort inquiétants… Moins dérangeants, malgré tout.
Comprenne qui pourra ! ! !
16:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, amour
25 avril 2007
Polar engagé...
J’ai lu « Le Tour de la bouée » d’ Andrea Camillieri-disponible en livre de poche.
C’est un polar très bien ficelé, qui met en scène le commissaire Montalbano (très célèbre, me dit-on en Italie)… Polar si bien ficelé, d’ailleurs, que je l’ai lu d’une traite, ou peu s’en faut…
Je ne vais pas raconter l’histoire, of course… Mais il faut savoir qu’elle se déroule, en Sicile, sur fond d’immigration clandestine et de trafic d’enfants « du Sud ».
Il a donc fallu un polar pour que je m’intéresse vraiment à ces deux problèmes… Bizarre, cette vertu du roman : on s’attache à des personnages fictifs, et, finalement, on approche au plus près de la réalité.
On pourrait inciter Mr Sarkozy à lire ce bouquin : peut-être abordera-t-il le problème de l’immigration d’un autre œil, et se rendra-t-il compte que les immigrés ne viennent pas forcément manger le pain des Français. Pour une large partie d’entre eux, ce sont des damnés miraculeusement rescapés…
Respect donc…
19:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature
12 mars 2007
Zorro
Lire… J’ai un besoin irrépressible de lire… C’est comme ça !
Lire le journal, un hebdo, une revue médicale, un catalogue, un prospectus, plus récemment un écran d’ordinateur, etc. En résumé, lire tout ce qui passe sous les yeux. Jusqu’il y a peu, je lisais tout… Tout sauf des romans : l’impression de perdre mon temps en vaines et longues lectures, tout simplement !
Et puis, il y a quelques mois, à l’occasion de difficultés personnelles, éprouvant le besoin de m’évader j’ai redécouvert la fiction. J’ai commencé par « Pars vite et reviens tard », de Fred Vargas et je me suis passionné. Alors, je me suis lancé dans la découverte du Monde des Polars ou des romans noirs : Elroy, Simenon, Coben, Connely, etc., etc.
A chaque fois, je me suis passionné.
Mais, à la longue, on finit par se lasser de mondes glauques qui incitent si peu à l’optimisme. Alors, j’ai décidé d'abandonner, au moins provisoirement, le roman noir, pour rejoindre par la lecture des héros plus positifs .
Ce samedi, me promenant à Amiens, et, car c’est mon habitude, faisant une halte à la librairie Martel, je suis tombé sur un roman qui me semblait correspondre exactement aux objectifs : Zorro, par Isabel Allende.
J’ai « mis en route ».
Ecriture alerte… Plongée dans la Californie du 19éme siècle et les légendes indiennes ; tout ça me paraît de bon augure…
Vivement ce soir : après une journée de travail qui s’annonce fort chargée, je rejoindrai Alexandro de La Vega, et sa belle épouse métisse, élevée sept ans par les loups. Celle-ci, avait mené, à la tête des indiens, une révolte sanglante avant de s’assagir en épousant son bel hidalgo.
A mon avis, elle ne va plus rester tranquille longtemps...
13:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature
09 février 2007
Arthur et George
Beaucoup de boulot, ces derniers jours (épidémie de syndromes grippaux dans le Nord)...
Cela m'a éloigné...
J'ai, cependant, pu lire, cette semaine "Arthur et George" roman de Julian Barnes, qui relate l’histoire vraie de George Eljali, sujet de sa majesté britannique : celui-ci avait été condamné, contre toute logique, au début du 20éme siècle, à sept ans de travaux forcés pour une série de crimes, qu'il n'avait pas commis-of course-.
Erreur judiciaire…
Délit de « sale gueule » en l'occurrence: George est métis, a des yeux globuleux. Drôle de crime, drôle de tête : cela avait suffi pour le rendre suspect, puis coupable, au terme d’un processus infernal.
Mais Conan Doyle est appelé à la rescousse : le père de Sherlock Holmes -qui est, en quelque sorte, devenu son fils pour l’occasion- se met au service de George et va démontrer son innocence.
C’est passionnant: la mécanique implacable qui conduit à la condamnation est disséquée d'une manière si précise qu'on on éprouve même un véritable malaise (c’est quasi viscéral, en l’occurrence !).
A lire –même si on n’est pas maso, car il y a plein d’autres choses dans ce bouquin-.
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22 janvier 2007
Hommes entre eux
J’ai donc lu « Hommes entre eux » de Jean Paul Dubois : j’y ai fait allusion dans la dernière note. -A peine sorti, ce roman est un des premiers du palmarès des ventes de la Fnac ! (Je sais, ça ne prouve rien!!!)
Paul Hasselbank, atteint d’une maladie orpheline incurable – et qu’on devine dans « la dernière ligne droite »-, n’a plus qu’une idée en tête : retrouver sa femme qui l’a quitté, il y a trois ans, sans crier gare (ou presque) et sans laisser d’adresse. Sa quête va le conduire au Canada : il y rencontre les deux hommes avec lesquels elle a vécu quelques mois : Edouard Tyssen -« riche, intelligent, cultivé suffisant et capable, à tout moment, d’utiliser l’arme paralysante du mépris »- et Floyd Paterson. Ce dernier est un colosse, « un homme entier », vivant en solitaire dans le grand Nord Canadien ; il va héberger et protéger Hasselbank pendant les quelques jours d’un formidable blizzard …
La fin du roman est surprenante voire incompréhensible. Elle m’a déçu : je n’ai, sans doute, pas compris ce qu’il y avait à comprendre et il faudra, peut-être, s’y employer, et pour cela, voir et… comprendre le film « Aguirre et la colère de Dieu », auquel il est souvent fait allusion.
J’ai aimé, malgré cette fin peu vraisemblable (pour le moment !) : le roman se lit facilement, et rapidement… Je me suis senti concerné, entre autre, par un de ces thèmes : « on ne connaît jamais la personne avec laquelle on vit »… Quand je m’en rendis compte, il y a des années, ce fut pour moi une révélation bouleversante.
Maintenant je m’y suis habitué, comme on s’habitue à un principe scientifique incontournable…
15:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, amour
23 décembre 2006
Trahir est pire qu'être trahi.
Beaucoup de travail depuis une dizaine de jours... D'où mon absence...
J'ai pu, malgré tout, lire « Chemin sans issue », roman de Georges Simenon, acheté par hasard, et lu dans la foulée.
Il aborde le thème de la trahison.
Si Vladimir trahit son ami Blinis, c'est parce qu’il ne supporte pas de le voir filer le bel amour avec Hélène, la fille de sa richissime et horrible patronne .
Ce qu’il ne supporte pas – lui qui est devenu intérieurement si laid (« un homme à qui on peut tout dire parce qu’il est sans importance »)- c’est la beauté de cette relation, et, en amont de celle-ci, la beauté intérieure de son ami : « Tu continuais à vivre au milieu de toute cette saleté, sans te salir ». Alors il imagine un stratagème tout simple : faire accuser son ami du vol d’un brillant...
Son ami est pris, renvoyé... Il va fuir.
Vladimir se dénonce mais mollement, et trop tard. Ce sera le début d’une descente aux enfers. On y est : trahison, culpabilité, et la seule issue envisageable : la tentative de réparation puis d’expiation. Pour cela, il va tuer sa patronne, cause de sa laideur, puis tout mettre en œuvre pour retrouver son ami. Il va le dénicher dans un asile de nuit des bas-fonds de Varsovie.
« C’est fini, on peut vivre tous les deux comme avant ! ». C’est ce qu’il envisage avant de se raviser : car le chemin de la réparation et de l’expiation mène ailleurs. Alors il lui raconte : « j’ai volé le brillant, je t’ai fait accuser... Hélène est enceinte de toi... J’ai beaucoup d’argent : il t’appartient... Va... »
Vladimir avait (peut-être) réparé son crime... Mais ce n’était pas suffisant : il lui restait à l’expier et pour cela, il devait vivre ce que son ami avait vécu et finir à l’asile avec les gueux... ce qu’il entreprend.
J'ai tout dit, tout dévoilé? Non, car l'expiation n'est pas "totale". Alors Vladimir ira jusqu'au bout du bout...
12:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature
04 décembre 2006
Samedi (Ian Mac Ewan)
Je viens de terminer la lecture de « Samedi », le dernier roman de Ian Mac Ewan... paru cet automne, en France, et qui bénificie d'une bonne critique (ça ne veut rien dire, d'accord, d'accord!)
Je fus passionné.
Un neurochirurgien bien dans sa tête, bien dans sa vie, prend conscience de sa vulnérabilité, à l'occasion d'une rixe puis d'une agression qui auraient pu mal tourner (tout se passe un samedi, d'où le titre...)...
Il était sûr de lui (je veux dire serein et déterminé), il apprend le doute...
Etonnant qu'un neuro-chir habitué à cottoyer la mort et les maladies les plus handicapantes doive attendre d'être personnellement concerné pour prendre conscience de la fragilité de notre destinée?
Pas vraiment!
Moi-même, confronté, bien qu'à un moindre niveau, aux mêmes problèmes, je n'en ai pris pleinement conscience qu'à l'occasion d'un épisode de grosse fatigue conjugué à des douleurs thoraciques bénignes et surtout des graves problémes de santé chez mes proches amis!
Tout se passait comme si moi et les miens devaient être exemptés de tous tracas...
Difficile de s'y retrouver dans le cerveau humain, non?
18:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature
25 septembre 2006
Livre de chevet.
Stéphanie: "C'est quoi, ton livre de chevet?".
Bonne question, comme dirait l'autre...
Mais au fait, c'est quoi, un livre de chevet?
Un livre qu'on s'impose, le soir pour faire venir le sommeil?
Un pavé qu'on mettra des mois à explorer (style "La recherche du temps perdu"?
Un bouquin qu'on prend plaisir à redécouvrir jour après jour, à reconsulter dans tous les sens?
Alors? Non pas un, mais deux livres, pour ce qui me concerne:
-"Moby Dyck", que je me suis décidé à lire, puisqu'il parait entendu que c'est un chef-d'oeuvre de la littérature mondiale, "à ne pas rater"...
-"Une Vie Française" de JP Dubois (paru l"année dernière, et sorti plus récemment en Poche- un roman magnifique qui évoque la vie d'un quiqua français, pris dans la nasse du doute et de l'incertitude (j'en parlerai plus tard!)-
Un de mes grands plaisirs (retrouvés, il y a peu): rejoindre mes livres de chevet, le soir, après le turbin...
21:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, anniversaire, voyage

