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28 décembre 2006

Chercher à comprendre...

Lu récemment, je ne sais plus où, cette phrase toute simple:"Tout irait mieux si les gens cherchaient à comprendre et non à être compris".

Pan sur le bec:il faut que j'en prenne de la graine!

Là-dessus, je pars bosser... A bientôt!

23 décembre 2006

Trahir est pire qu'être trahi.

Beaucoup de travail depuis une dizaine de jours... D'où mon absence...
J'ai pu, malgré tout, lire « Chemin sans issue », roman de Georges Simenon, acheté par hasard, et lu dans la foulée.

Il aborde le thème de la trahison.

Si Vladimir trahit son ami Blinis, c'est parce qu’il ne supporte pas de le voir filer le bel amour avec Hélène, la fille de sa richissime et horrible patronne .
Ce qu’il ne supporte pas – lui qui est devenu intérieurement si laid (« un homme à qui on peut tout dire parce qu’il est sans importance »)- c’est la beauté de cette relation, et, en amont de celle-ci, la beauté intérieure de son ami : « Tu continuais à vivre au milieu de toute cette saleté, sans te salir ». Alors il imagine un stratagème tout simple : faire accuser son ami du vol d’un brillant...
Son ami est pris, renvoyé... Il va fuir.

Vladimir se dénonce mais mollement, et trop tard. Ce sera le début d’une descente aux enfers. On y est : trahison, culpabilité, et la seule issue envisageable : la tentative de réparation puis d’expiation. Pour cela, il va tuer sa patronne, cause de sa laideur, puis tout mettre en œuvre pour retrouver son ami. Il va le dénicher dans un asile de nuit des bas-fonds de Varsovie.

« C’est fini, on peut vivre tous les deux comme avant ! ». C’est ce qu’il envisage avant de se raviser : car le chemin de la réparation et de l’expiation mène ailleurs. Alors il lui raconte : « j’ai volé le brillant, je t’ai fait accuser... Hélène est enceinte de toi... J’ai beaucoup d’argent : il t’appartient... Va... »

Vladimir avait (peut-être) réparé son crime... Mais ce n’était pas suffisant : il lui restait à l’expier et pour cela, il devait vivre ce que son ami avait vécu et finir à l’asile avec les gueux... ce qu’il entreprend.

J'ai tout dit, tout dévoilé? Non, car l'expiation n'est pas "totale". Alors Vladimir ira jusqu'au bout du bout...

16 décembre 2006

Drôles de bestioles?

J'avais consacré, il y a quelques semaines, une note à un patient qui s'était mis à fumer, à trente ans, pour se « mettre en danger »(c'était son expression!).

En écho, une phrase glânée dans « L'eau à la bouche », très beau roman de JM Fajardo-écrivain espagnol-, paru cet automne:
« Nous (les hommes) sommes de drôles de bestioles; les oiseaux volent, les poissons nagent; les hommes, eux, se précipitent dans les abîmes.... ».
Ils se précipitent, ou, on les précipite?

12 décembre 2006

Des milliards de mondes

Un ami pharmacien a été pris dans la tourmente alors qu'il se balladait, sur un zodiaque, dans le Golfe du Morbihan, ce dernier week-end...

Il m'a raconté son aventure avec beaucoup d'humour et de verve (il est vrai qu'il est particulièrement doué pour la tchatche). C'était même passionnant... Il notait, entre autres, que son monde s'était rétréci et réduit, une demie heure durant, à sa plus simple expression: 50 cm devant, 50 cm derrière, un mètre au dessus (en raison des trombes d'eau qui faisaient comme un plafond sinistre).

Voilà: lui qui est, au sens strict, un habitué du plancher des vaches (fils d'herbager!)pensait même être expédié ad patres d'une seconde à l'autre...

A la réflexion, je me suis dit, ensuite, que le monde -tel qu'il est décrit par les géographes- n'existait pas vraiment: que le monde était plutôt une addition de milliards de petit monde, à l'horizon sans doute bien étriqué, et souvent sans aucun rapport les uns avec les autres...

Des mondes bien solitaires, finalement, malgré la mondialisation!

09 décembre 2006

Etre utile?

Dans le « Nouvel Obs », cette semaine, un interview de Ian Mac Ewan à propos de «  Samedi », son dernier roman (voir une des notes précédentes).

Curieusement, l’écrivain n’y évoque pas le destin de ce médecin confronté au doute existentiel, mais plutôt la Guerre en Irak, qui est, bel et bien, un des thèmes du roman –l’intrigue se déroule le jour d’une grande manifestation, à Londres, contre la guerre en Irak- .

Il y a plusieurs lectures d’un même roman. « Samedi », c’est aussi une réflexion sur cette guerre, c’est vrai ; mais elle ne m’a pas intéressé.
C’est qu’en réalité je ne me fiche (il faudrait trouver un autre mot, ce serait plus correct) de la Guerre d’Irak...
Je ne m’intéresse pas à ce qui m’échappe complètement. Comment choisir entre le méchant Bush ou le méchant Saddam? Et que faire quand on ne peut manifestement rien faire ?
Alors j’avoue : seuls me préoccupent les tracas de mes proches ou de mes patients, sans doute bien dérisoires à l’échelle de la planète.

Même s’ils sont dérisoires, au moins je peux me rendre utile. Pour ce qui est de la guerre en Irak, je baisse les bras.

Une histoire: dans un cocktail, la réunion s’anime... Un des invités : « A la maison, je m’occupe des grands problèmes du monde (la guerre au Proche Orient, le réchauffement de la planète, les élections au Venezuela...). Je laisse à mon épouse les choses de moindre importance : l’intendance, l’éducation des enfants.... ».

07 décembre 2006

Pour qui?

J'ai lu, hier, sur le blog d'Alméria, une belle note (on a pris l'habitude...). Et dans les coms, une magnifique phrase de Leloup (connais pas), citée par freefounette: « on peut vivre sans pourquoi, on ne peut vivre sans « pour qui ».

Des mots tout simples...

Une prise de conscience...

... Pour ce qui me concerne, en filigranes de mes actes, sans doute, toujours quelqu'un (une femme, un enfant, un parent) qui motive le comment...

Eureka?

C'est peut-être pas plus compliqué que ça??

04 décembre 2006

Samedi (Ian Mac Ewan)

Je viens de terminer la lecture de « Samedi », le dernier roman de Ian Mac Ewan... paru cet automne, en France, et qui bénificie d'une bonne critique (ça ne veut rien dire, d'accord, d'accord!)

Je fus passionné.

Un neurochirurgien bien dans sa tête, bien dans sa vie, prend conscience de sa vulnérabilité, à l'occasion d'une rixe puis d'une agression qui auraient pu mal tourner (tout se passe un samedi, d'où le titre...)...
Il était sûr de lui (je veux dire serein et déterminé), il apprend le doute...

Etonnant qu'un neuro-chir habitué à cottoyer la mort et les maladies les plus handicapantes doive attendre d'être personnellement concerné pour prendre conscience de la fragilité de notre destinée?

Pas vraiment!

Moi-même, confronté, bien qu'à un moindre niveau, aux mêmes problèmes, je n'en ai pris pleinement conscience qu'à l'occasion d'un épisode de grosse fatigue conjugué à des douleurs thoraciques bénignes et surtout des graves problémes de santé chez mes proches amis!

Tout se passait comme si moi et les miens devaient être exemptés de tous tracas...

Difficile de s'y retrouver dans le cerveau humain, non?

02 décembre 2006

Midi à sa porte

Etant médecin et, de plus, sapeur pompier, on a pris l’habitude de frapper à ma porte quand une situation semble urger .

Je ne me plains pas ; j’aime ça, même si ça peut apparaître bizarre ou suspect.

Ce fut le cas hier.

Une jeune femme vient au cabinet, fort marrie : une amie vient de lui téléphoner pour lui dire (le beau cadeau !) « qu’elle en a marre et qu’elle a pris des médicaments pour en finir ». Dans les minutes qui suivent, elle a essayé de prendre contact avec son amie, s’est présentée sur le pas de sa porte, a tambouriné, mais il a fallu se rendre à l ‘évidence : la victime ( ?) ne répond pas aux appels.

Je vais vérifier à mon tour (cela se passe à 100 mètres, à peine) : pas de réponse à mes appels, non plus…. Les voisins sont formels: ils n’ont pas vu sortir madame Dupont (ce sera son nom dans cette note).

Dès lors, pas d’alternative, apparemment : il faut faire appel aux collègues pompiers…

... Ce qui n’est pas forcément simple et ceux qui ont déjà fait appel au « 18 » pourraient peut-être en témoigner. Toujours est-il que je décline mon identité (le centre de traitement de l’alerte est à 100 kilomètres et les stationnaires sont souvent jeunes et loin de connaître tout le monde), et que je leur raconte mon histoire ;mais ils restent méfiants : n’y a-t-il pas autre chose à faire et en particulier, n’y a-t-il pas dans l’entourage, un quidam qui pourrait détenir le double des clefs (Non, j’y ai pensé, quand même !).

Je commence à m’énerver un petit peu : « Bon aller, laisser tomber, je vais essayer de me débrouiller de mon coté », et, là, le "stas", prenant peur, sans doute, finit par déclencher les secours… Et pas n’importe quels secours : rien moins qu’une ambulance, un fourgon tonne (le gros camion de pompier) et la grande échelle (ça se passe au deuxième étage !)…

Branle-bas de combat dans la rue. Les badauds accourent…

… Et le doute commence à germer dans mon esprit: « Et si tout ça n’est que comédie… Et si la victime s’est absentée, contrairement au témoignage des voisins ? Ce sera la honte… Je serai la risée de mes collègues, qui ne sont pas toujours bien charitables, comme dirait freefounette…"

On met en place la grande échelle, un des sapeurs brise la vitre d’une des fenêtres, l’ouvre ensuite et pénètre dans l’appart, bientôt suivi par un second.
Quelques secondes à peine, mais une longue attente…

La victime est bien là, dans sa chambre, vivante mais allongée au sol, coincée entre son lit et le mur, sur le ventre, victime d’une intoxication médicamenteuse mais aussi de petits traumatismes liés à des chutes successives ; elle est désorientée, certes, mais a priori la situation ne paraît pas trop alarmante.

Je m’occupe de la prise en charge médicale.

Conclusion :
Dans l’absolu, il aurait mieux valu qu’il s’agisse d’une fausse alerte, mais dans mon intérêt, ce n’était vraiment pas le cas !

Morale de l’histoire :
Chacun voit midi à sa porte !

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