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29 novembre 2006
Trouver les arguments...
Louis a soixante ans... Deux passions: la pêche (seul au bord de l'eau, les petits oiseaux, le bon air...) et son contraire, le bistrot (les copains, le brouhaha, la tabagie).
Tout allait bien (jusqu'à présent tout va bien, vous connaissez la musique...) mais le pire était à venir et c'était prévisible!
On vient de lui découvrir un adénocarcinome infiltrant de la loge pré épiglottique, autrement dit un cancer de la gorge.Pas de ganglions, pas de métastases: ça doit pouvoir guérir... Les spé lui proposent une pharyngo-laryngectomie totale à visée curative, « sans alternative thérapeutique »...
La grosse intervention, donc- mutilante(plus de larynx, une sonde de trachéotomie), mais, au bout, la possibilité d'une guérison-.
Pour ce patient très sympa, qui a sans doute eu le tort, de prendre la vie à la légère, c'est une « rude secousse », comme il le dit lui-même. Pour le moment il est réfractaire à l'idée de se faire opérer, à l'idée de ne plus pouvoir parler et d'avoir un « tuyau dans la gorge ». Insupportable pour un homme qui vivait libre, sans femme, sans difficulté financière, sans aucun doute, sans aucun regret, sans aucun remords, peut-être (mais là je m'avance, je n'en sais rien).
On pourrait laisser aller, se dire qu'on le comprend, qu'après tout il est libre et qu'on refuserait également de telles perspectives, mais comment laisser un patient passer à coté d'une possible guérison, ou, au minimum d'une survie bien plus confortable?
Pour le moment, c'est un non franc et massif.
Quant à moi, je suis convaincu de l'intérêt d'une intervention... Il faut trouver les arguments...
Le temps presse!
19:45 Publié dans observation | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, médecine, santé
27 novembre 2006
Savoir communiquer.
Cette fois, on va l’appeler Madame Bilbao, en raison de ses origines espagnoles (mais elle ne s’appelle pas Madame Bilbao, vous connaissez le refrain – secret médical, nécessaire discrétion et tutti quanti-).
Madame Bilbao est une fidèle: je la connais depuis dix ans, et, pourtant, pourtant, je ressens un malaise à chaque consultation. Je ne parviens pas en reconnaître l’origine…
Ce matin, je suis en pleine forme ; j’ai bien dormi, je suis à l'écoute...
C’est, donc, le tour de Madame Bilbao...
Rien de spécial : elle vient pour la surveillance de son hypertension artérielle, et la consultation débouchera, sans doute, sur le renouvellement pur et simple de son traitement habituel.
Effectivement, ça a l’air d’aller : tension normale, auscultation normale, juste un petit rhume.
Commence, malgré tout, la litanie des questions… C’est l’habitude, Madame Bilbao est fort anxieuse et a besoin d’en savoir un plus. Normal !
Extrait du dialogue:
"Cette douleur du coté du cœur, vous pensez pas que ça pourrait être de l’angine de poitrine ?
- Je suis certain que…
Et l’essoufflement quand je monte l’escalier, ça pourrait pas venir du cœur ?
- Je pense que…
Les boutons, là sur la langue, regardez, ça serait pas dû aux médicaments ?
- Il faudrait…"
Euréka…J’aurai du comprendre plus tôt, d’ailleurs : cette patiente pose des questions, mais se fiche complètement des réponses… Mieux, elle ne les écoute même pas… Et encore mieux ( faut le faire !) : elle ne donne même pas à son interlocuteur la possibilité de répondre.
D’où le malaise…
Et je me dis qu’il est bien difficile de communiquer !!!
12:52 Publié dans observation | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, médecine, santé
24 novembre 2006
Les femmes sont-elles des femmes?
J’ai bien compris ? Le PS a voté pour Ségolène, parce qu’il pense que les Français vont voter pour une femme lors des prochaines élections…
Et pourquoi les Français voteraient-ils pour une femme ? Parce qu’ils pensent qu’une femme est plus à l’écoute, plus concrète, moins ambitieuse, et que, décidément, il faut renouveler le personnel politique.
J’adhère à ce raisonnement, au moins dans sa dernière partie (mais en réalité, peut-être que je m’en contrefiche) : il faudrait renouveler le personnel politique.
Mais Ségolène est-elle une vraie femme ? Bien sûr, elle en a l’apparence - plutôt jolie, plutôt bien roulée-.
Mais à part ça ? Des indices concordants pourraient suggérer le contraire : sous une apparence féminine, il y aurait un homme politique particulièrement rude, irascible, manquant de souplesse et très ambitieux !
Ségolène serait une imposture… !
Dans ma région, il y a un peu la même chose : une jeune femme avait cherché à figurer sur une liste de droite… On n’en avait pas voulue… Elle passa sur une liste de gauche… Je la connais bien; elle n’a qu’une idée : se faire élire à tout prix, régler ses comptes avec elle-même et avec ses nombreux ennemis ; pour le moment, il lui suffit de se laisser porter par les vents favorables (aux femmes).
A vrai dire je n’ai rien contre « les ambitions personnelles » (il faut avoir la lucidité de reconnaître que nous sommes – tous- animés par une « ambition personnelle », mais je n'aime pas trop l’imposture ...
Et d'ailleurs briguer le pouvoir politique, est-ce normal?
On devrait donner le pouvoir à ceux qui ne le demandent pas!!! (Ce n'est pas de moi!)
10:31 Publié dans Pour le plaisir de parler | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, Royal
22 novembre 2006
La feuille d'automne
Une patiente s'est éteinte il y a quelques jours, au terme d'une maladie qui la rongeait depuis plus plus de soixante ans... Elle avait 85 ans et un appétit de vivre intact, malgré tout.
Le jour de ses funérailles, son fils a pris un vieux cahier et il a lu une rédaction-comme on disait à l'époque- que sa maman avait rédigée à l'âge de onze ans: l'histoire d'une feuille d'arbre, vieillie et jaunie (c'est l'automne), qui lutte contre le vent, contre la pluie, et s'accroche désespérément à la branche.
Et puis un jour, elle finit par céder. .. Mais elle tient, en même temps, sa revanche et sa récompense: car le vent l'emméne haut et loin dans le ciel.
Et c'est ce qui arriva...
17:18 Publié dans observation | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, médecine
18 novembre 2006
Samedi... Enfin!
Cette semaine, je fus débordé par le boulot. Comme certains, vous l'aviez, peut-être, deviné...
Travail au cabinet (beaucoup de pathologie: bronchiolites, gastro-entérites ), garde médecine générale et gardes sapeur-pompier (un de ces quat', je vous raconterai..., ou plutôt j'essaierai- c'est délicat en raison des problèmes bien connus de secret professionnel-).
Tout ça pour dire qu'il a bien fallu prendre de la distance par rapport à la blogosphère, car je me suis aperçu (je débute...), que ce n'était pas rien de tenir un blog!
Rédiger une note(même si je ne suis pas particuliérement productif), lire les com (et essayer d'y répondre), prendre des nouvelles des amis (et leur laisser des com), découvrir d'autres blogs: tout ça prend du temps pour le peu qu'on fasse les choses « sérieusement » et qu'on ait la chance d'avoir des amis-bloggeurs de haut niveau, comme on dit dans « l'Equipe », à qui on ne dit pas n'importe quoi!.
J'ai préféré faire l'autruche(On verra bien en fin de semaine, pour le moment faisons comme si tout allait bien...)
Alors quel plaisir, le samedi -j'ai cru ne jamais y arriver!- quel plaisir,donc, de reprendre contact!
11:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, blog
11 novembre 2006
Que sont devenus les pépés gâteux?
Ca m’énerve, vraiment ! ! !
C’est devenu un leitmotiv des revues médicales : il faut faire rapidement le diagnostic de Maladie d’Alzheimer.
Ah bon ! Et pourquoi faut-il faire précocement le diagnostic de Maladie d’Alzheimer ? Pour prescrire un médicament qui va peut-être améliorer de manière transitoire (quelques mois ?) les symptômes "légers à modérés" ; ça ne va pas guérir le malade , tout le monde est d’accord (ce médicament, qui agit de manière transitoire, dans le meilleur des cas, sera prescrit, curieusement, des années durant , même en l’absence de tout effet bénéfique : comme c’est bizarre !)
Honte au médecin généraliste qui n’aura pas adressé son patient chez le neurologue, qui lui même l’adressera à une consultation de la mémoire, où on fera des tests. Après, il y aura sans doute un scan ou une IRM.
Donc, voici Monsieur Dupont, 60 ans (pour mémoire : Monsieur Dupont ne se nomme pas Monsieur Dupont, il n’ a pas 60 ans, : secret médical, nécessaire discrétion, etc.) . Ce patient, diabétique, perd un peu la tête ; je me dis que c’est peut-être un état dépressif et que compte tenu du contexte (je passe, ça serait trop long), c’est finalement normal. Je me dis, aussi qu’il faut faire la médecine selon les règles de la modernité, et, vous le devinez, il va suivre la voie royale qui mène au neurologue, « au spécialiste ».
Bilan, tests, scan, IRM, le diagnostic tombe. Le diagnostic ? Un diagnostic dit de présomption (comme on dit maintenant), mais, malgré tout, devenu officiel : c’est une maladie d’Alzheimer et ça ne sera, sans doute, jamais remis en cause !
Le patient se voit donc prescrire le médicament « ki faut » : l’Aricept. Maladie d’Alzheimer, Aricept : les ingrédients sont en place et, maintenant, quand on va chez Mr Dupont, c’est par pitié pour Madame Dupont.
Monsieur Dupont ? On lui parle désormais comme à un gamin de trois ans et c’est tout juste si on ne lui fait pas un petit bisou en entrant, plutôt que de lui serrer la main... Si toutefois on le voit, parce que dans le monde moderne, les Alzheimer on les planque, on les planque.
Alors, il faut faire précocement le diagnostic d’Alzheimer ? ? ? ? ? Je voudrai bien qu’on me dise à quoi ça sert, vraiment !
Je ne suis pas certain que le patient aille mieux, maintenant... avec son diagnostic et son Aricept.
08:11 Publié dans observation | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
10 novembre 2006
San Marco, Florence
Tilt!
Je n’aime pas, non plus, les églises qui sont devenues des musées et, donc, les "grands musées" transformés en hypermusées.
Mais parfois,on découvre des merveilles.
La semaine dernière j'ai pu faire un saut jusqu'à Florence et y visiter le musée San Marco...
En réalité, le musée de San Marco n’est pas un musée, c’est un lieu de vie, époustouflant de beauté et de sobriété: c'est le couvent où a vécu, prié, peint Fra Angélico.
Abandonner ses livres, se laisser guider par sa propre inspiration, ne pas avoir honte de ses interprétations, et, donc, ne pas se laisser abuser par les spécialistes…
Alors ? Je me suis émerveillé: « La Madonna con Bambino », terre cuite polychrome de Lucca de la Roba… Le regard pénétré de la Vierge, dans l"’Annonciation" de Fra Angélico- ses yeux, mais aussi son attitude en retrait, le ventre comme contracté, laissent supposer qu’elle devine les souffrances à venir-... "La vie du Christ", en bandes « dessinées », par Fra Angélico, encore... "Le martyre de Savonarole", qui me fait, vraiment, penser à « la Chute d’Icare » : au milieu de la Place, un grand bûcher, mais, alentour la vie qui continue, et les gens qui ne semblent ne pas se préoccuper des événements en cours…
Voilà rien de plus, rien de moins.
Si vous passez par là...
20:30 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, voyage
08 novembre 2006
Action!
Les vacances sont finies.
Action! Mais, avant l'action, la reprise...
Le pire dans la reprise, c'est le premier contact... Avec les secrétaires, avec les confrères... Les premières nouvelles sont rarement bonnes (pourquoi le seraient-elles d'ailleurs?).
Plus souvent, donc, de mauvaises nouvelles: un patient qui va mal ou qui a « disparu » alors qu'on ne l'avait pas prévu...
C'est, d'ailleurs, la pire des situations: le drame médical imprévu. Dans l'imprévu, il y avait, le plus souvent, du prévisible et ce prévisible qui nous a échappé, c'est le drame du médecin, la source de ce qu'il y a de plus pénible: le sentiment légitime de culpabilité...
Alors la bonne nouvelle, c'est l'absence de mauvaises nouvelles.
Mercredi, 20 heures: jusqu'à présent, tout va bien.
19:47 Publié dans observation | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, médecine

