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29 octobre 2006
Pourquoi faire simple?
Un patient (30 ans, enseignant, sans doute un disciple d’Alméria ! !) a repris la cigarette, après six mois d'arrêt.
Sa motivation ?: "Je fume pour me mettre en danger".
Au moins, c’est clair et net.
Surprenant ? Pas vraiment.
Ce qui est surprenant, c'est plutôt cette franchise...
Pour le reste (le besoin de se mettre en danger dans un monde trop lisse), il paraît que c'est un besoin fondamental pour certains.
C'est évident pour ceux qui pratiquent, par exemple, les sports à haut risque, moins évident pour d'autres.
Mais si, finalement, c'était un besoin fondamental pour tout le monde ?
En tous cas, dans le raisonnement médical, c'est une donnée à ne pas négliger. On parle souvent de négligence pour expliquer certaines attitudes a priori irrationnelles...
Il faut, aussi, compter aussi sur ce besoin!
16:50 Publié dans Pour le plaisir de parler | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, santé
27 octobre 2006
Cadeau!
C'est jour de fête!
On va chez Freefounette, et je vous enmène, si vous savez pas où c'est!
Vocabulaire réinventé, grammaire revisitée, gros foux rires à la pelle.
On est déjà beaucoup à se dire qu'elle fait plus rire que les écrivains patentés.
Allons y!
12:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, blog
24 octobre 2006
Faire confiance?
Une patiente: « Je vous fais entiérement confiance ».
Bizarrement, ce n'est pas du tout ce que j'aime entendre... Ca ne l'a jamais été, d'ailleurs!
« Non, Madame, il ne faut pas me faire confiance totalement (aveuglement): je ne sais pas tout, j'ai des moments de distraction, de fatigue... C'est de votre santé qu'il s'agit, de votre vie peut-être! ».
Voilà ce que je devrais dire et que je ne dis pas.
J'aimerais que mes patients ne prennent pas pour argent comptant mes faits et gestes, qu'ils me posent plus de questions, qu'ils aillent voir ailleurs, quelquefois, même si je ne l'ai pas suggéré.
En bref, je voudrais, et je me répète, même si c'est un peu lâche, qu'ils ne me fassent pas TOTALEMENT confiance!
Je voudrais qu'ils sachent que je fais tout MON possible pour les aider... Mais que ce n'est pas toujours suffisant.
18:50 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, médecine, santé
23 octobre 2006
Mamma Teresa
240, rue des Postes à Lille.
« Cuisine typiquement italienne ».
Mamma Teresa, c’est la patronne.
Autant le dire tout de suite, elle ne s’appelle pas Teresa (d’ailleurs, elle est d’origine française mais le mari est sicilien). Elle ne ressemble pas une mamma, non plus, d’ailleurs . Exactement le contraire, une silhouette fluette, le visage émacié, portant lunette et le cheveu ras – finalement, plutôt, le genre instit à l’approche de la retraite, mais le sourire en plus- . Habillée à la garçonne, vraiment tout le contraire de ce qu’on attend au moment où on franchit le pas de la porte, un peu inquiet quand même, si on se réfère à la réputation des mammas de Sicile ou de Calabre !
A la cuisine officie le fils, Gaspard : personnage imposant, mais se déplaçant avec subtilité, entre les tables pour aller saluer ses clients (ses invités ? … presque) et leur adresser quelques remarques gentiment ironiques, lorsque le choix du menu apparaît bizarre (Ah, ce coca, choisi par une jeune demoiselle pour accompagner le caponate d’aubergines !).
On l’a compris : ambiance sympa, dans un petit resto qui ne paye pas de mine et situé dans un quartier un peu craignos de la ville…. On ne s’y rend pas par hasard, forcément.
En entrée, j’avais choisi une Pépéronate à la Piémontaise (salade de poivrons, oignons, tomates marinés dans l’huile d’olive) : un délice ! Le genre de plat à se taper le cul sur la chaise, comme disait un de mes copains dans le temps. Là, on est à la conjonction du plaisir et de la vertu diététique.
Ensuite polpettes : des boulettes de viandes servies avec des spaghettis à la sauce tomate (tout est « maison », of course) .
Enfin : une tarte aux figues… fraîches, cela va sans dire…
Voilà… J’allais oublier –nec plus ultra- le vin : un vin des Abruzzes . Un Montepulciano, vin jeune, léger, fruité. Autant dire un vin «j’en-prendrai-bien-encore-un-peu » : donc le genre de breuvage qui finit par vous monter à la tête et vous fait voir le monde plus beau encore ( ?), ce qui est exactement ce qu’on lui demande.
Conclusion quel bon moment ! Pour moi, un bon repas, cela inspire toutes sortes d’envie : celui d’essayer de « faire pareil », de replonger dans les beaux bouquins (de voyage, de cuisine, d’aventures).
Un bon repas, c’est une belle rencontre !
15:10 Publié dans gastronomie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, amour, gastronomie
20 octobre 2006
Vive le désamour!
Alméria nous incite au doute et à la réflexion, sans le vouloir... (???)Elle est parfaitement dans son rôle, puisqu'elle est prof de philo...
Or donc, il y a quelques jours, j'ai commis une note (« l'amour, c'est con »), provoquante mais sincère, où je marque ma réticence face au sentiment amoureux. Note accueillie avec scepticisme par notre blog-amie.
Pour illustrer mon propos, je vais raconter l'histoire de David et Sylvie, une histoire vraie, à ceci près que les prénoms ne sont pas exacts...
David a trente ans, marié, un enfant. Du jour au lendemain, il s'éprend de Sylvie, trente ans mariée, un enfant, également. Pas de quoi s'étonner: Sylvie est une magnifique jeune femme, qui nous fait tous rêver... Mais comment ne pas s'inquiéter, si l'on se réfère aux antécédents de l'être aimée, une croqueuse d'hommes,et, étrangement, d'hommes mariés...
Mais David et Sylvie s'aiment passionnément, (faut croire!). Et tout va aller vite: David va quitter femme et enfant, devient fort irrégulier dans son travail (retard, absentéisme); nous-mêmes (ses collégues) ne lui faisons plus confiance-c'est vrai qu'il vit dans sa bulle comme dans un camp retranché, et paraît inabordable! Toute la journée, il est pendu à son portable ( bref, à nos yeux, il n'est plus ce qu'il était: un ami, un collégue dont la fiabilité nous servait d'exemple) -
« Il a changé, David, répète également sa maman: même son fils qui était la prunelle de ses yeux, il ne le voit plus ».
David fume, boit, grossit... Bref on ne le reconnaît plus!
Enfin , enfin, vint le désamour – pas tout de suite, bien sûr, mais au bout de deux ou trois ans, environ-... On a vu Sylvie en boât, mais pas avec David.. Ca ne nous a pas étonné... David n'est pas apparu tout de suite mais il a fini par sortir de sa tour. Ce n'est pas le David d'il y a trois ans mais bon, ça va mieux...
Voilà: des histoires comme ça, nous en connaissons tous..
Des histoires comme ça, des amours à la gomme, qui font souffrir l'entourage, nous en avons nous mêmes vécues, le plus souvent.
DONC, l'amour c'est (parfois) con, et, dans ce cas, le désamour est la seule fin souhaitable.
10:35 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, amour
17 octobre 2006
Le coeur à l'ouvrage...
Un petit gars s’est installé à deux pas de mon cabinet pour y vendre sandwichs et salades composées… Pas vraiment une vocation, mais « il faut bien se lancer après un an de chômage ». Toujours est-il qu’il démarre fort : il est vrai qu’il nous fait des bons casse-croûtes -avec une « demie bag », du vrai beurre et des produits de qualité-, et qu’il est naturellement sympa…
Regard neuf d'un jeune commercant... Ce qui le frappe : la grande misère, qui défile dans sa petite échoppe, et déclinée sous toutes ses formes ; celle de ces jeunes mères de famille, notamment, pas vraiment sans le sou, mais pas trop riches quand même ( ?!) qui viennent acheter plusieurs sandwichs à trois euros, alors qu’il serait si simple de les confectionner soi-même et pour moins cher. « Parfois, j’ai envie de leur dire, mais je ne peux pas : je débute. C’est vrai que ça me choque, moi qui ai l’habitude de me débrouiller ! Je pense qu’elles ne se rendent pas compte ».
Voilà déjà mon petit voisin pris dans l’engrenage du business et de la culpabilité…
Hier soir – et, ce matin il en était encore tout « retourné »-, un voyageur en transit s’est présenté au comptoir. Il n’avait plus le moindre sou (il était dans l’attente d’un mandat postal qu’il doit avoir reçu maintenant) : « Je n’ai pas mangé depuis deux jours et personne ne veut me donner quoi que ce soit… »
Je l’interroge :
- Alors ?
- Alors, je lui ai fait un gros sandwich jambon, fromage ; il s’est précipité dessus, ça faisait plaisir à voir. J’étais super content, j’en demande pas plus ! »
J’y pensais encore, en entendant sur France Info que certains confrères médecins refusaient les soins aux patients démunis, pourtant bénéficiaires de la cmu (couverture médicale universelle), au prétexte que pour être honorés, il fallait faire des démarches compliquées (ce qui, d’ailleurs est complètement faux !)…
Quelle honte !
C’est mon petit voisin qui donne l’exemple bien sûr ! Ca justifie pas le prix Nobel, peut-être, et encore, par les temps qui courrent…
Elle est à toi, cette chanson…
15:05 Publié dans Pour le plaisir de parler | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, amour
11 octobre 2006
Alprazolam
Geneviève, 50 ans, professeur de Musique et mélomane...
(bon ok, elle ne s'appelle pas Genevieve, elle n'a pas 50 ans: c'est une histoire de secret professionnel, mais ça ne change rien à l'affaire...)
Elle a pris l'habitude de gérer ses problèmes avec de l'Alprazolam (encore appelé Xanax), un tranquillisant...
« Si Mozart, Bach avaient connu ces médicaments anxiolytiques, auraient-ils composé leur chef-d'oeuvres? »: c'est ce que je lui dis, grosso modo, histoire de la freiner dans sa démarche... Elle comprend ce que je veux dire, of course...
Souvent on entend dire que les Français abusent des tranquillisants: je le crois aussi; et je pense que c'est pour cela qu'ils admettent si facilement qu'on se moque d'eux!
Voilà c'était un petit moment de mauvaise humeur, d'autant plus illégitime que je participe à la prescription!
Mais on a le droit d'être désordonné!
20:15 Publié dans Pour le plaisir de parler | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, médecine
09 octobre 2006
Une réputation usurpée
J’ai très longtemps cru qu’un policier était un homme épris (passionné ?) d’ordre, et que c’était pour cela qu’il dressait des procès-verbaux, histoire, justement, de rétablir l’ordre…
Ce dernier jeudi, j’ai chopé un procès pour avoir conduit en téléphonant (j'ai déjà évoqué ce fait d'armes, il y a quelques jours)… « Bien fait ! », me direz-vous (non, je vous connais, vous n’allez pas me dire ça, mais on fait comme si, svp), « bien fait ! », donc, « cette attitude est dangereuse et il est bien que de telles négligences soient réprimées ! »
Ok, je vous réponds, et le pire, c’est que je suis sincère (je suis sapeur pompier volontaire, je suis intervenu sur des accidents à l’origine desquels, le conducteur téléphonait, donc je sais que c’est tragiquement vrai).
Mais, ce que j’ai découvert c’est, qu’en réalité, le policier aime le désordre grâce auquel, il peut se couvrir de gloire. Il suffisait, pour s’en persuader, de voir le sourire du préposé à la contredanse quand il s’est adressé à moi ; je pense que son seul souci était de savoir comment j’allais réagir, si je n’allais pas me taper la discut, et, subséquemment, lui faire perdre un temps précieux… Pour le reste, c’était le sourire du plombier –je le reconnais entre mille-, quand il vient de sévir à domicile, et qu’il se demande, seulement, si vous n’allez pas pousser une gueulante en voyant la facture.
Je n’ai pas poussé de gueulante pour toutes ces raisons :j’étais en tord, je n’avais pas le temps –non plus-, et surtout (surtout) le destin me donnait l’occasion de réfléchir un peu…
Le pigeon voyageur a horreur de voyager (voir une note du 8 septembre), le policier aime le désordre : voilà il faut le savoir !
21:25 Publié dans Pour le plaisir de parler | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, sarkozy
Plénitude
« Plénitude, sensation de plénitude », ce sont les mots qui me venaient, sans cesse, à l’esprit, comme un leitmotiv, après avoir couru, ce dimanche, à travers le bocage.
Plénitude (dictionnaire Larousse) : intégralité, totalité… Pas vraiment ce que je veux exprimer. Je veux plutôt dire cette sensation d’être en harmonie avec la nature, de ne manquer de rien, de ne vouloir rien de plus …
Cette sensation de plénitude, je l’avais éprouvée au bout de vingt minutes de course et pendant quinze minutes environ… avant que les premiers signes de fatigue ne se fassent sentir, à leur tour.
(Je parle bien de plénitude, et non d’exaltation qui serait la marche supérieure : quelque chose de plus extraordinaire que l’on ressent de manière exceptionnelle - pour ce qui me concerne, je pense l’avoir éprouvée deux ou trois fois en vingt ans, pas plus-.)
Certains physiologistes ont avancé, pour expliquer ces sensations, l’hypothèse de la sécrétion d’endorphines, sans doute au niveau de la voûte plantaire ( ??) . J’ai quelque peine à y croire, d’autant que certains mettent plutôt en cause un certain degré d’hypoxie cérébrale liée à l’effort : ceci correspondrait, d’ailleurs, à ce que je ressens(je constate que cette sensation précède, de peu, la fatigue)…
Peu importe : quand je cours, j’éprouve de manière quasi constante cette « sensation de plénitude » : c’est même sa quête, qui m’incite à courir…
Voilà une bonne raison de faire du sport : celle de rechercher (et trouver) des sensations que l’on n'éprouve pas ailleurs !
19:09 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, santé
07 octobre 2006
Imprévu, imprévisible?
Sur son blog, bullet - à qui je dois la redécouverte de Placebo- évoque ses démêlés avec la solitude (je résume de manière grossière, sorry) ; elle fait part de son scepticisme face à l’avenir.
L’avenir… Bien imprévisible en effet… Et c’est justement ce qui est fascinant…
Pendant des années, j’ai tenu mon journal(c’est tout à fait atypique pour un mec, semble-t-il), et, en me relisant, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que ce qui me tombait dessus était le plus souvent imprévu, sinon imprévisible… Mettant en route un nouveau cahier, j’avais toujours en tête cette idée de l’improbable que j’aurai à rédiger, parfaitement conscient, bien sûr, qu’il ne s’agirait pas toujours d’événements réjouissants.
(Ok :nul besoin de rédiger un journal pour une si banale découverte, mais, moi, c’est comme ça que ça m’a sauté aux yeux)
Face à l’ inattendu, on a pris l’habitude de dire : « c’était imprévisible ! », d’où le théorème: « l’imprévisible, c’est ce qui finit toujours par arriver ! »
Alors, quand ça va mal, je me dis que le meilleur est à venir, et quand ça va bien, j’essaie (je dis bien : j’essaie) de rester concentré en pensant qu’il ne faut pas céder à l’euphorie, bien mauvaise conseillère !
Encore une preuve hier : je sors d’une réunion professionnelle avec de bonnes nouvelles… Dans la précipitation, je téléphone à l’heureux bénéficiaire… Mais je suis au volant, et vous devinez la suite : les flics /il faut se mettre sur le coté/ assurance, carte grise, permis de conduire/ vous avez encore beaucoup de points ? Au total : 22 euros, des points en moins ( ?, je ne sais pas exactement), mais surtout une bonne petite leçon, que j’essaierai de ne pas oublier trop tôt.
11:06 Publié dans Pour le plaisir de parler | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, blog

