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29 septembre 2006

Laissez moi tranquille

On va les appeler Patrick et Madeleine.

Patrick a 50 ans: il est en arrêt de travail depuis un an, en raison d'une "BPCO" (en gros: une bronchite chronique due au tabac), laquelle risque peu de s'améliorer puisqu'il continue de fumer("Tu comprends, je m'ennnuie"), et qu'il ne prend pas son traitement (trop contraignant: trente secondes par jour, j'ai calculé...). Effet collatéral positif de cet arrêt: Patrick peut s'occupper de sa vieille maman...

Sa vieille maman: Madeleine 85 ans. Le visage émacié, une tignasse négligée (je regrette, c'est comme ça), mais des yeux d'un bleu profond comme on en voit peu... Depuis deux ans, elle vit recroquevillée dans son fauteuil et ne fait rien d'autre que lire (non par passion, mais du fait d'une surdité profonde: que faire d'autre, en effet!): elle est soignée pour des ulcéres de jambes qui n'en finissent pas, de l'hypertension et une ostéoporose majeure -qui explique, en partie, sa morphologie actuelle-.

Si je parle de Madeleine, aujourd'hui, c'est qu'on vient de lui découvrir, lors d'un examen sanguin, une grosse anémie (6.4 g d'hémoglobine)... Je vais être "technique": à 6.4 g, il faudrait transfuser; donc:elle devrait être hospitalisée...

Je me présente chez elle(c'était hier) pour lui expliquer le topo... Je lui crie aux oreilles, faute de mieux; contre toute attente, Madeleine-qui a toute sa tête- refuse tout net:"Laissez moi tranquille, je ne veux plus aller à l'hôpital!" (je résume).
L'heure est grave: les choses ne risquent pas de s'arranger.

Que faire?
Pour le moment, on a seulement décidé de se revoir mardi.

27 septembre 2006

Finalement, mieux vaut être bien portant!

Le Professeur Pouliquen a signé un livre sur la Médecine au temps de Madame de Sévigné (« Madame de Sévigné et la médecine du Grand Siècle »)
« À travers ce portrait médical de la Marquise, Yves Pouliquen fait revivre l’état de santé du milieu dans lequel évoluait Madame de Sévigné. Au passage, il rappelle les débats d’alors sur la pratique médicale, où la tradition ancienne côtoie les méthodes nouvelles, décrit tout le pittoresque de la pharmacopée et raconte aussi comment la Marquise, déçue par les médecins, s’adressa aux pires charlatans. »

C'est ce que l'éditeur écrit...

Je n'ai pas lu le livre, et je ne le lirai pas, faute de temps.

Tout ce que j'en sais, c'est ce que j'ai entendu sur France Info, il y a quelques jours(« Rubrique Livre »).
Le journaliste insistait sur les frayeurs des contemporains à l'idée de la maladie. Effectivement les perspectives étaient inquiétantes : à l'époque pas de traitement, et beaucoup d'idées fausses! On mourrait en deux jours, dans les pires douleurs sans savoir pourquoi, ni comment...

On peut critiquer les médecins et la médecine du vingt et uniéme siècle (surtout les médecins d'ailleurs, et on ne s'en prive pas, sur les blogs amis!).
Mais il n'empêche: on est mieux soigné maintenant..

25 septembre 2006

Livre de chevet.

Stéphanie: "C'est quoi, ton livre de chevet?".

Bonne question, comme dirait l'autre...

Mais au fait, c'est quoi, un livre de chevet?
Un livre qu'on s'impose, le soir pour faire venir le sommeil?
Un pavé qu'on mettra des mois à explorer (style "La recherche du temps perdu"?
Un bouquin qu'on prend plaisir à redécouvrir jour après jour, à reconsulter dans tous les sens?

Alors? Non pas un, mais deux livres, pour ce qui me concerne:

-"Moby Dyck", que je me suis décidé à lire, puisqu'il parait entendu que c'est un chef-d'oeuvre de la littérature mondiale, "à ne pas rater"...

-"Une Vie Française" de JP Dubois (paru l"année dernière, et sorti plus récemment en Poche- un roman magnifique qui évoque la vie d'un quiqua français, pris dans la nasse du doute et de l'incertitude (j'en parlerai plus tard!)-

Un de mes grands plaisirs (retrouvés, il y a peu): rejoindre mes livres de chevet, le soir, après le turbin...

23 septembre 2006

Petite fable

J'ai horreur de la politique, des politiciens et politiciennes, et ce d'autant que "mon ex" en est une(coup de griffes en passant)!
Malgré tout, la politique, bien sûr, est l'occasion de rire ou de réfléchir, c'est selon et c'est peut-être, d'ailleurs,la même chose.

Ainsi de la vraie fausse gaffe de Mr Sarkozy.
Le prétendant sort une grosse "bêtise", et la classe politique, unanime, crie haro sur le baudet: "Ca y est! On le tient! Il ne s'en remettra pas! Adieu veau, vache, cochon!"... Et ce d'autant qu'il en rajoute une louche... "Il est vraiment c.! Cette fois ci, la route est dégagée! ", pensent les autres candidats à la prétendance.

Patatras: le lendemain, on s'avise que, finalement, les Français lui donnent raison et que la "bourde" lui profite...
On en est là ou plutôt j'en suis là: globalement, ce serait les autres, les dindons de la gaffe!
(A l'heure qu'il est, ça a, peut-être, changé: je ne suis pas au courant -désolé, si c'est le cas!-)

Moralité: "tel n'est pas pris qu'on croyait prendre!"

"PS". Voilà que je me prends pour La Fontaine: je passe trop de temps sur Internet...
Possible!

22 septembre 2006

Obésité mortifère!

Cette histoire est une histoire vraie. Seules les identités ont été modifiées, mais cette modification ne change rien à l'affaire...

Monsieur Dupont, 50 ans, enseignant, est obése (il est "très, très obèse!")... Début février, il présente un état fébrile qui paraît banal, et qu'il soigne par auto-médicamentation. Mais la situation s'aggrave, et Monsieur D. consent à consulter.
D'emblée, le tableau est préoccuppant, des examens sont proposés, mais refusés.
Deux jours après, rien ne va plus: l'hospitalisation s'impose de toute évidence. Mais le malade refuse (encore!) tout net... Encore et encore...
L'heure est grave: on appelle Pierre, Paul, Jacques, sensés pouvoir infléchir la décision, mais rien n'y fait. Tout le monde s'énerve, et, enfin, l'épouse monte au créneau:
"Mais, Bon Dieu, pourquoi refuses tu?". Pas de réponse... Une fois, deux fois, trois fois...
Et soudain, la réponse fuse, qu'on attendait plus et que je n'attendais pas :"Mais, Jacqueline, qui est-ce qui va me torcher?".

Par honte, Mr Dupont, était prêt à renoncer à la vie...

19 septembre 2006

Exposés aux fracas de la vie.

Je viens de terminer « Pars vite et reviens tard » , un des romans (noirs) de Fred Vargas.

Excellent… Une intrigue passionnante , certes, mais surtout une écriture alerte et une ambiance un peu glauque avec une galerie de personnages haut en couleurs, dont un « crieur » -qui clame, de son estrade, les nouvelles du quartier- et un « professeur de vie ».

J’ai repris le livre, pour y relire ce que j’avais surligné. Un passage m’avait plus particulièrement interpellé . Il évoquait les professions exposées « aux fracas de la vie, dont la pratique peut conduire à l ‘insensibilisation, l’endurcissement. Au fond une véritable déchéance »

Bien vu. Une des pires déchéances doit être de ne plus "voir avec son cœur" (comme le dit souvent Aude, sur un blog voisin).

Le médecin, le sapeur pompier, le policier, par exemple, courent réellement ce risque. Je pensais aussi aux infirmières (notamment libérales qui travaillent comme des forcenées).

Pour se préserver de ce risque, que faire ? (Si le piége se referme, il est difficile de s’en extirper). Se ménager des moments de repos pour faire tout à fait autre chose : c’est nécessaire, mais est-ce vraiment suffisant ?.

18 septembre 2006

Amoureux d'un hôtel!

On peut "tomber" amoureux d'un lieu, bien sûr... Pour ce qui me concerne, ici, c'est d'un hôtel qu'il s'agit.

A l’invitation d'un laboratoire pharmaceutique, j’ai pu passer une journée (et une nuit) à L’Hermitage Gantois (Rue de Paris, à Lille, près du beffroi).
Le rêve est donc devenu réalité : car si j’avais pu admirer cet hôtel lors d’escapades, et, même, dîner à l’Estaminet Gantois (tout à coté), je n’avais jamais pensé pouvoir y séjourner !

L’Hermitage Gantois est un ancien hospice devenu hôtel de luxe, un lieu d’exception, à quinze minutes (à pied) du centre ville, véritable joyau dans un quartier peu gâté sur le plan architectural. Il fut inauguré, dans sa conception actuelle en octobre 2003, mais fut fondé en 1462 pour y abriter des femmes indigentes ; il connut, ensuite, des hauts et des bas avant d’être fermé en 1995, pour des raisons d’insécurité.

Là tout est « calme, luxe et volupté » : un lieu magique pour le repos, la méditation, voire la concentration. Du reste, les joueurs professionnels du LOSC s’y retrouvent le jour de leur match à domicile et y passent la journée (je les ai vus hier… avant leur défaite face à Toulouse !). Et moi-même, malgré le coût élevé de la nuitée, j’y passerais volontiers une courte retraite ! (A voir).

L’espace est immense. On peut s’abandonner à la fascination d’un lieu hors du temps, en déambulant de la Verrière à la Chapelle puis à la Salle des Hospices, en découvrant la Cour des sœurs, puis la Cour d’honneur, qui font plus penser à des cloitres qu'à des "cours" . Chemin faisant, on admire la décoration : une véritable attraction en elle-même, car il fallait oser une telle association de l’ancien et du moderne, oser, aussi, parfois, la provocation des rouges et de l’or (dans le restaurant, magnifique !).

L’Hermitage Gantois est, vraiment, un bâtiment d’exception, que l’on peut, semble-il, visiter, à l’occasion, comme touriste : le cas échéant ne pas s’en priver.

Ne pas se priver, non plus, bien sûr, de visiter Lille, devenue une bien belle ville !.

16 septembre 2006

Bien lire...?

Mon ami François est un grand lecteur : je veux dire, par là, qu’il lit beaucoup (un roman par semaine, ce qui est beaucoup, compte tenu d’une activité professionnelle très intense).
Il a un autre mérite : celui de faire partager ses émotions de lecteur : autrement dit, il devient, régulièrement, un excellent critique littéraire, dont j’ai toujours tenu compte des avis.

Là où, cependant, je ne partage pas du tout son avis, c’est sur le point suivant : François n’abandonne jamais un livre en cours de route, même s’il n’y trouve aucun intérêt… Selon lui, la nature d’un livre est donc d’être lu jusqu’au bout, comme celle d’un costume est d’être bien rangé, ou celle d’un pain de n’être jamais jeté…

Je suis loin de penser la même chose : je ne lis pas un livre jusqu’au bout, si, pour une raison ou une autre il ne plait pas.

La vie est trop courte pour la gâcher bêtement: c’est mon avis… Un mauvais livre ne doit pas m'empêcher d'en lire un autre!

13 septembre 2006

Un sacré goujat!

C'était il y a deux mois...

Valérie, trente ans, enceinte jusqu'aux dents...(la vilaine expression, elle m'a échappé, tant pis...trop tard). Deux jours avant la date présumée de l'accouchement, son mari lui annonce: "Je vais te quitter..." Il explique: "Tu es trop grosse, tu me dégoûtes"...
Rien que ça!

Difficile d'accoucher dans de pires conditions... Et d'élever son enfant, et de supporter un post partum toujours délicat.
Difficile, aussi, d'imaginer pire gougeat!
Taper sur le mari? On a bien envie, mais on ne peut pas... Il faut rassurer la maman, certes, mais la tâche est rude, dans de telles circonstances... Toute difficulté avec le bébé est source de culpabilité.

J'ai revu Valérie, tout à l'heure.
"Vous savez, en fait, il a quelqu'un". Ca me rassurre...
- C'est à dire?
- Le pire c'est de ne pas savoir; "quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage". Maman disait souvent ça; maintenant, je comprends".

11 septembre 2006

11 septembre

Où étiez-vous le 11 septembre 2001, au moment où vous avez été "informés"?
Tout le monde s'en souvient: les medias nous le répètent ce matin... Pour ce qui me concerne, je m'en souviens parfaitement, c'est exact: je rendais visite à une vieille dame, très souffrante, qui,(c'était le début d'après midi) regardait son feuilleton. J'ai jeté un coup d'oeil distrait, également, sur l'écran et je vis, alors, en incrustation, un message qui nous informait de ce que deux avions s'étaient écrasés dans le centre de New York.

Totale stupéfaction.

Comment était-ce possible? Un ouragan sur NYC... des avions en perdition qui finissent par s'écraser? C'était mon hypothése, au départ. J'écourtais la visite pour me "précipiter sur le poste radio", dans ma voiture. On connait la suite, y compris la fascination morbide que les images de l'événement, passées en boucle, ont exercé sur beaucoup d'entre nous (et qui doit bien avoir une fâcheuse explication!).

Je ne suis pas retourné à New York, depuis.
Il faudra.

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