03 mars 2007
La revanche
Séverine, 25 ans, deux petits gamins, a été larguée par son époux… Cela s’est passé fin décembre ; un coup de folie, un véritable épisode délirant, quasi.
Depuis, la coquette petite maison a été vendue et ce qui reste de la famille a déménagé dans un appartement du centre ville. Et le père ne vient même plus voir ses enfants qu’il semblait tant aimer.
Le coup fut rude, il n’a pas été encaissé.
Mais Séverine réagit. Elle ne vomit plus toutes les quatre heures pour se libérer du mal qui ne cessait de la prendre. Elle a certes perdu 20 kg, mais ça lui va bien ; elle a laissé pousser ses cheveux, elle y a ajouté quelques mèches.
Au cabinet, où elle est venue consulter, je la trouve magnifique…
Bien sûr, elle aimerait retrouver son mari, bien sûr… En attendant elle a décidé de se venger en terrorisant sa rivale… Comment ? En se faisant la plus belle possible !
« Je suis bien partie, non ?» dit-elle en souriant. Certainement… Et la rivale, que je ne connais pas, peut trembler. « D’ailleurs il l’a déjà trompée. », poursuit-elle, parlant de son ex. Pas certain d’avoir bien compris, je reste silencieux. Elle reprend, comprenant, sans doute, les raisons de mon silence : « Oui, il l’a déjà trompée… avec moi ! ».
« Je sais que je vais le reconquérir, que dans quelques années on revivra ensemble. » Sur cette certitude, elle s’en va rejoindre ses enfants.
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29 janvier 2007
Fred et béné (suite et fin).
Allons au plus court, car, vous l’avez deviné : Fred allait au devant d’une grave désillusion.
Car Béné n’était pas enceinte de son mari ; elle n’était pas enceinte du tout, d’ailleurs. Mais elle avait décidé de partir.
Pourquoi ?
Fred ne le saurait jamais vraiment… En tous cas, elle n’était pas parti pour quelqu’un d’autre, a priori, car Béné vit toujours seule.
C’est là que j’interviens. Car Fred vint me voir…. Souvent : au cabinet, chez moi… Ou encore dans un petit bistrot de Wazemmes (un quartier de Lille/ choix impressionnant de bière régionales !) …
Dix fois il m’expliqua son désarroi d’être passé « du grenier à la cave » (je reprends son expression) en quelques secondes à peine. Dix fois il me fit part de son désir de reconquérir son épouse.
Mais je le voyais dépérir : il ne dormait plus, il maigrissait à vue d’œil, ne se rendait au boulot que contraint et forcé. Bref il souffrait d’une dépression que je trouvais bien inquiétante. Je finis par lui suggérer de prendre des anti-dépresseurs ce à quoi il n’avait pas songé. Il refusa d’abord, car il craignait que ce traitement le détourne de son seul but (reconquérir Béné). Je lui rétorquais qu’à mon avis ce ne serait pas le cas, qu’au contraire, apaisé et ragaillardi, il trouverait plus de forces et d’arguments pour arriver au but (j’avoue ne pas avoir été convaincu par mes propres propos, d’autant que je trouvais ce combat bien mal venu).
Il mit quelque temps avant de se décider… Mais il finit par accepter le traitement . Comme toujours, il fallut une bonne quinzaine de jours avant de voir un changement significatif, mais celui-ci finit par arriver ; j’appris bientôt que mon ami et collègue avait pris la route de la Cote d'Azur pour prendre quelques jours de vacances chez son frangin. Là-bas, il fit la connaissance d’une belle jeune femme, Véro, qui, elle-même, se débarrassa promptement de son compagnon. Elle remonta dans le Nord. Le divorce fut prononcé quelque six mois après la rupture.
Depuis Fred et Véro se sont mariés. Je fus invité à la noce ; ce fut le remake du premier mariage à peu de « chose près » ; cette « chose près » fut qu’il y eut une cérémonie religieuse, rendue possible par le fait que les premières noces n’avaient été célébrées qu’en mairie ! Le reste fut à l’identique : même discours, mêmes musiques, mêmes sketchs. Cela me mit mal à l’aise.
C’était il y a trois ans. Je n’ai pas revu les jeunes époux. On m’a dit que leur couple battait de l’aile… Ce n’est pas étonnant : un couple, ça bat toujours de l’aile !
Sic transit gloria mundi.
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27 janvier 2007
Fred et Béné (suite)
« Il faudra qu’on se parle tout à l’heure, c’est important… »
Fred était maintenant sur le chemin du boulot et ces mots lui revenaient sans cesse comme un refrain obsédant.
Bénédicte était une taiseuse…
… Au sens originel du terme : elle parlait peu, mais à bon escient. Elle n’était pas timide –loin de là !-, encore moins taciturne : simplement elle ne supportait pas de se laisser entraîner par une bien improbable logorrhée comme elle le constatait si souvent chez ses congénères, et mettait, donc, un point d’honneur à utiliser le mot juste ; elle s’en voulait toujours d’avoir travesti, involontairement, par mésusage, la réalité, ce qui lui arrivait, malgré tout, quelquefois.
Il était, d’ailleurs intéressant de constater que, lorsqu’elle s’exprimait –ce qui n’était pas rare- on faisait silence : en quelque sorte, c’est la taiseuse qui faisait taire l’auditoire.
Tout cela pour dire, que, dans l’esprit de Fred, la discussion annoncée serait vraiment importante, et, qu’à la réflexion, il n’y avait pas plusieurs hypothèses ; ce soir, Béné allait lui annoncer qu’elle était enceinte.
D’ailleurs tout venait le conforter dans sa réflexion : une modification du comportement (un peu distant), une perte d’appétit manifeste (mise sur le compte d’une tendance nauséeuse) correspondaient, sans aucun doute, à ce qu’on regroupait, dans ses cours d’obstétrique, sous les termes, peu savoureux et bien mal trouvés, de signes sympathiques de la grossesse.
Donc Bénédicte était enceinte; elle allait l’annoncer, de manière « officielle ».
Ce soir, il faudrait être à la hauteur.
A suivre.
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26 janvier 2007
Fred et Béné (2)
« Il faudra qu’on se parle tout à l’heure, c’est important… »
Si Fred n’avait pas réagi avec promptitude, c’est qu’il avait l’esprit embrumé… Mais pas seulement : c’est aussi parce qu’il était en rupture avec le mot « importance » -comme avec d’autres mots d’ailleurs-.
Convaincu que l’être humain était construit avec des mots, Fred avait fini par admettre qu’il était devenu différent : beaucoup des mots qu’il utilisait avaient, maintenant, un sens différent, et il avait souvent la sensation d’être décalé, ou, au moins de marcher de guingois.
Après huit ans de pratique médicale et tout autant d’interventions chez les sapeurs pompiers, n’était « important » que ce qui engageait le pronostic vital. C’est ainsi que sa dernière intervention (un blessé léger coincé dans un véhicule au fossé, sur le toit, par grand froid) avait été classée, dans son esprit, parmi les « interventions sans importance », ce que n’aurait, sans doute, pas apprécié la victime, en proie, elle, aux pires angoisses pendant un temps qui avait dû lui paraître une éternité.
Et s’il acceptait, chez, beaucoup de patients l’usage fréquent et inapproprié du mot « important » , c’était par politesse, ou plutôt par professionnalisme… ou plutôt, encore, simplement par facilité et pour ne pas se mettre la plupart à dos.
Mais, maintenant que le cerveau fonctionnait à plein rendement, Fred devait admettre que Béné utilisait rarement ce mot , que peut-être, d’ailleurs, il ne le lui avait jamais entendu prononcer , ou qu’alors il avait oublié. Pour Béné comme pour lui, le choix du mot juste était la moindre des politesses : cela faisait partie des choses qui avaient assuré la solidité de leur couple (dix ans de vie commune, déjà).
Poursuivant son raisonnement, Fred en vint rapidement à la conclusion que décidément ce soir la conversation serait d’importance.Mais qu’avait-elle à dire ?
A suivre
09:35 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, amour
24 janvier 2007
Fred et Béné
Lorsque le réveil donna, à 6h15, Fred avait encore la tête embrouillée : depuis quelques jours, il avait beaucoup travaillé. Cette nuit encore, sur le coup de deux heures, le bip avait retenti : rien de grave, un accident de la route assez banal (une voiture au fossé, sur le toit, mais comme souvent, dans ce cas, une victime quasi indemne).
Mais Fred avait eu froid, et comme toujours, dans ce cas, il avait eu du mal à retrouver le sommeil ; pourtant, il avait respecté le rituel : un petit casse-croûte, une verveine, quelques pages de lecture. Il avait fini par rejoindre le lit , prenant bien soin de ne pas effleurer Bénédicte qui dormait paisiblement et qu’il ne voulait pas réveiller. Le sommeil avait fini par venir, mais ce matin, il était encore fatigué. Il se donna encore une demie heure de répit ; cela pouvait suffire pour rassembler ses forces et émerger enfin : la journée serait chargée une fois de plus, mais il était possible de retarder un peu l’heure du lever.
La porte de la chambre s’ouvrit lentement : c’était Bénédicte ; comme souvent, elle s’était levée fort tôt : elle aussi avait prévu une grosse journée , et mettait en route un peu plus tôt que son mari.
Café au lit, et quelques mots : « Ca va ? pas trop fatigué ? »
Une moue en guise de réponse.
Elle s’approcha, se baissa : un petit bisou au bord des lèvres
« Il faudra qu’on se parle tout à l’heure, c’est important… Bonne journée ! »
Fred la regarda s’en aller, sans mot dire. Elle était belle, Béné : beaucoup d’aisance dans sa manière d’aller, de venir. Beaucoup d’assurance et de sérénité.
A suivre…
09:37 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, amour
20 octobre 2006
Vive le désamour!
Alméria nous incite au doute et à la réflexion, sans le vouloir... (???)Elle est parfaitement dans son rôle, puisqu'elle est prof de philo...
Or donc, il y a quelques jours, j'ai commis une note (« l'amour, c'est con »), provoquante mais sincère, où je marque ma réticence face au sentiment amoureux. Note accueillie avec scepticisme par notre blog-amie.
Pour illustrer mon propos, je vais raconter l'histoire de David et Sylvie, une histoire vraie, à ceci près que les prénoms ne sont pas exacts...
David a trente ans, marié, un enfant. Du jour au lendemain, il s'éprend de Sylvie, trente ans mariée, un enfant, également. Pas de quoi s'étonner: Sylvie est une magnifique jeune femme, qui nous fait tous rêver... Mais comment ne pas s'inquiéter, si l'on se réfère aux antécédents de l'être aimée, une croqueuse d'hommes,et, étrangement, d'hommes mariés...
Mais David et Sylvie s'aiment passionnément, (faut croire!). Et tout va aller vite: David va quitter femme et enfant, devient fort irrégulier dans son travail (retard, absentéisme); nous-mêmes (ses collégues) ne lui faisons plus confiance-c'est vrai qu'il vit dans sa bulle comme dans un camp retranché, et paraît inabordable! Toute la journée, il est pendu à son portable ( bref, à nos yeux, il n'est plus ce qu'il était: un ami, un collégue dont la fiabilité nous servait d'exemple) -
« Il a changé, David, répète également sa maman: même son fils qui était la prunelle de ses yeux, il ne le voit plus ».
David fume, boit, grossit... Bref on ne le reconnaît plus!
Enfin , enfin, vint le désamour – pas tout de suite, bien sûr, mais au bout de deux ou trois ans, environ-... On a vu Sylvie en boât, mais pas avec David.. Ca ne nous a pas étonné... David n'est pas apparu tout de suite mais il a fini par sortir de sa tour. Ce n'est pas le David d'il y a trois ans mais bon, ça va mieux...
Voilà: des histoires comme ça, nous en connaissons tous..
Des histoires comme ça, des amours à la gomme, qui font souffrir l'entourage, nous en avons nous mêmes vécues, le plus souvent.
DONC, l'amour c'est (parfois) con, et, dans ce cas, le désamour est la seule fin souhaitable.
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03 août 2006
Corps et âme...
Sur son blog - Supplément d'âme soeur (par ailleurs tout à fait passionnant) -, Aude écrit:"quand on aime un esprit, on trouve forcément le corps qui l'abrite splendide et désirable...".
J'ai une formation scientifique: je ne sais pas si c'est forcément vrai...
Mais je sais,qu'à l'inverse, un corps apparait bien quelconque, quand on a pris conscience de la vilénie qu'il abrite.
Je viens de vivre un tel retournement de situation par rapport à Jenny, dont le corps ne m'inspire plus la moindre émotion...
C'est étonnant mais, au final, tout à fait rassurrant!
J'ai beau voir et revoir ses photos (même les plus intimes), rien n'y fait...
Que se passerait-il si elle arrivait à me convainvre, à nouveau, de sa grandeur d'âme, comme elle avait su le faire?
Il est, sans doute, trop tard.
Passons à autre chose!
12:35 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Amour, journal intime
02 août 2006
Indépendance... à tout prix?
"Soirée resto ", hier, avec Sophie…
Sophie, la belle quarantaine, un discours flamboyant…
Jolie ?
Elle acquiesce, sans fausse modestie : « Tant de témoignages ! Ce serait difficile de ne pas s’en rendre compte ! »
Intelligente ?
Elle est plus dubitative, mais finit par admettre.
« Alors, intelligente et jolie… Pas d’homme… Où est la faille ? ».
Là, elle pourrait se fâcher…
« Et si c’était le contraire ? Pas d’homme parce qu’intelligente et jolie ?
Pourquoi veux-tu que je m’engage … à supporter un homme qui finira, inéluctablement, par vouloir me posséder, verra dans toutes mes actions, matière à entretenir sa jalousie ? Ou alors un homme pour me payer le resto, pour me payer des vacances? Pour m'entretenir ?
Pas besoin, je gagne très bien ma vie!"
"Oui, mais plus tard ? Prête à finir ta vie seule ? »
Là, elle va se fâcher !
« Mais on finit toujours sa vie seule ! Il n’y a pas d’exception !».
Elle se calme, on change de sujet … (à peine) !
" Faut pas croire: j’aime les hommes, leur corps, leur manière de se comporter dans la vie -si différente de la notre-. J’ai même une passion pour ce que, dans mes fantasmes, je nomme l’accouplement ! Mais je ne veux pas d’un mari, d’un… geôlier"
Dont acte.
Nous devons nous revoir la semaine prochaine.
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